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Convivialité en entreprise : une question d’équilibre

5 Min. de lecture
Une collaboratrice qui écrit sur des postit pour illustrer les moments de convivialité en entreprise.

Indispensable à une bonne expérience employé, la convivialité en entreprise est parfois réduite à son plus simple appareil : un triste baby-foot installé au fond d’une salle de pause déserte et quelques afterworks. La bonne ambiance de travail ne se résume pourtant pas à ces quelques artefacts et se vit en plusieurs dimensions. 


La convivialité a-t-elle sa place en entreprise ? Comment et pourquoi la développer au sein de ses équipes ? Le bien vivre ensemble est un levier indispensable de bien-être au travail et a un impact sensible sur les performances économiques et humaines d’une entreprise. Il convient cependant de ne pas tomber dans ses pièges et trouver un juste équilibre entre convivialité et temps productif. Un numéro d’équilibriste que les dirigeants se doivent de maîtriser pour diffuser une convivialité qui a du sens, en accord avec l’ADN de leur société.

Convivialité en entreprise : de quoi parle-t-on ? 

Selon une étude menée par l’entreprise Swile en 2022, « les moments de convivialité en entreprise ne se réduisent pas aux célébrations mais s’ancrent dans le quotidien : pause café, pause déjeuner, etc. » Car oui, la convivialité ne se décrète pas, mais elle infuse la culture et l’ADN de l’entreprise. Développer la convivialité au travail, passe donc avant tout par une tendance naturelle à la sympathie, à la bonne humeur et par de petits gestes pas si anodins : passer dans tous les étages pour dire bonjour, sourire à ses collègues dans les couloirs, échanger à la pause café, improviser un apéro. La pause café est d’ailleurs souvent citée parmi les moments de convivialité préférés des collaborateurs.

Un autre levier de convivialité en entreprise passe par l’initiative de certains collaborateurs ou de la direction. Elle prend alors la forme d’événements festifs : la signature d’un nouveau contrat, la célébration des anniversaires pro et perso, l’organisation de pots de départ. Selon Shana Roy Chief People Experience Officer chez Swile, « parmi les entreprises où la convivialité est jugée excellente, elle est davantage portée par les managers, les RH, le CSE, etc. Et les occasions de célébrations sont plus nombreuses. »

Faire vivre la convivialité au travail, pourquoi c’est important ?

La convivialité au bureau, si elle n’est pas une question stratégique, a pourtant des répercussions sur la performance de l’entreprise. « Elle représente une brique essentielle à la création d’une bonne expérience employé et donc à la bonne santé (à la fois économique et humaine) d’une entreprise » confirme Shana Roy. Malheureusement, c’est souvent quand elle manque que l’on s’aperçoit de l’importance de la convivialité. Un environnement stressant et gangréné par des conflits ouverts ou sous-jacents peut engendrer des pertes de temps, d’énergie et d’enthousiasme. 

Or, il est prouvé qu’un salarié motivé est plus épanoui et participe à une meilleure ambiance au sein de l’entreprise. Un cercle vertueux au service de la productivité de chacun et qui a pour effet de réduire le turn over et l’absentéisme, deux pratiques très coûteuses pour l’entreprise. De plus, un salarié satisfait et qui se sent bien au bureau sera plus impliqué et s’investira davantage auprès de son employeur mais aussi de ses clients, servant ainsi l’image de marque de l’entreprise.

Qui plus est, selon une enquête menée par PageGroup en 2018, 96 % des chercheurs d’emploi s’intéresseraient davantage aux conditions de travail et à l’atmosphère qui règne dans l’entreprise qu’au salaire. Ils seront donc plus susceptibles d’accepter une plus petite rémunération pour profiter d’une ambiance conviviale au bureau. Aussi, les dirigeants ont tout intérêt à intégrer la convivialité à leur culture d’entreprise.

Laisser la place et le temps à la convivialité : pas si facile

Malgré tous les avantages à favoriser un environnement de travail convivial, il n’est parfois pas si facile pour un chef d’entreprise de développer la convivialité. En effet, elle a besoin de place pour s’épanouir, à la fois en termes d’espace, de temps et d’autorisation. 

La convivialité se déploie donc en trois dimensions. Elle nécessite tout d’abord des lieux de vie pour exister. Aussi, les bureaux doivent être pensés pour favoriser les rencontres informelles, et les moments de détente : une grande table pour manger tous ensemble le midi, des canapés et des salles de pause confortables, etc. La convivialité a également besoin de temps pour s’épanouir : des temps de pause, des temps pour déjeuner, des temps après le travail, etc. Enfin, il faut que ces temps soient acceptés par la direction. Prendre sa pause café sous l’oeil noir de son manager ne témoigne pas d’une entreprise conviviale. 

Et c’est là le plus difficile pour un chef d’entreprise : accepter qu’une partie du temps productif soit dédiée à construire la convivialité et accepter qu’une partie de l’animation du collectif lui échappe. 

Mais attention, la convivialité ne fait pas tout

Si une bonne ambiance de travail est importante pour booster la productivité de ses collaborateurs, il ne faut pas pour autant oublier que la clé de l’épanouissement au travail se trouve dans le travail lui-même. Le bien-être et la motivation au bureau sont souvent associés à des événements festifs et informels mais pour se sentir bien au travail il faut avant tout aimer ce qu’on y fait. La bonne humeur et la convivialité, si elles ont besoin de place pour se développer, ne doivent pas non plus prendre le pas sur l’activité. On dit donc « Oui » aux pauses café et aux déjeuners en équipes, mais dans la mesure du raisonnable et tout en respectant le temps productif. 

D’autre part, avant de s’intéresser à la convivialité au sein de son entreprise, les premières questions à se poser en tant que dirigeant concernent d’abord les missions. Les collaborateurs trouvent-ils du sens dans leur travail ? Valorise-t-on suffisamment leurs compétences ? Sont-ils soutenus par leur management ? Finalement, peu importe le nombre d’afterworks organisés et la taille de la salle de pause, la bonne humeur ne sera pas au rendez-vous si ces questions de fond ne sont pas adressées. Pour éviter de tomber dans l’hypocrisie, veiller donc avant tout à la qualité du travail proposé et au soutien des collaborateurs dans leur réalisation. Car c’est bien le travail en lui-même qui est la pierre angulaire de la convivialité au bureau. Sans cela, toutes les actions pour rendre le travail plus agréable seront difficilement perçues comme sincères.

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