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Commerce coopératif et associé : l’entrepreneuriat pour tous ?

4 Min. de lecture
Un postit pour illustrer le commerce associé comme modèle d'entrepreneuriat pour tous.

Lors des 60 ans de la Fédération française du commerce coopératif et associé (FCA), qui se sont tenus en novembre dernier à la Maison de la radio à Paris, l’accent a été mis sur l’accessibilité du commerce coopératif et associé, faisant de lui un modèle d’entrepreneuriat qui donne sa chance à tous.


En introduction de cette conférence, François Asselin, Président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises a rappelé l’enjeu de la transmission d’entreprise et l’importance de rendre l’entrepreneuriat accessible au plus grand nombre. « La victoire économique du pays, c’est la victoire économique des entreprises, et quand on sait qu’environ 95% des entreprises françaises sont des TPE/PME, on comprend que défendre leurs dirigeants est essentiel. » Parmi ces entreprises, les acteurs du commerce coopératif et associé ont prouvé leur résistance, leur dynamisme et leur efficacité. Cette forme la plus ancienne de commerce est aujourd’hui identifiée comme un modèle d’accessibilité pour plusieurs raisons.

« S’il y a encore un secteur qui permet à des personnes non diplômées de se lancer, c’est le commerce » affirme Ingrid Crambes-Tisserand, DRH du groupement Système U. En effet, comme l’indique Olivier Dauvers, journaliste spécialiste de la grande distribution, le commerce est un corps de métier qui ne requiert pas nécessairement de longues études. Le commerce associé et coopératif, en particulier, permet d’accéder facilement à l’entrepreneuriat. Un salarié embauché comme caissier peut, s’il le souhaite et s’il s’investit, évoluer au sein d’un groupement pour finalement reprendre un point de vente de la marque. « Parce qu’ils sont accompagnés et parrainés, et parce qu’ils ont envie de travailler, des jeunes qui sont entrés sans diplôme évoluent et intègrent le parcours de postulant pour reprendre un point de vente. C’est pour cela que j’aime le système coopératif : il rend l’entrepreneuriat possible et permet d’être autonome. » témoigne Ingrid Crambes-Tisserand. « Il y a d’anciens bouchers qui ont fait des parcours incroyables dans des enseignes nationales comme E Leclerc, Inter ou Système U. Ils sont partis d’un CAP et, aujourd’hui, ils dirigent des entités qui peuvent faire 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. » confirme Olivier Dauvers.

Cet ascenseur social, ce dernier l’attribue en partie à une certaine interdépendance des adhérents. En effet, le commerce coopératif et associé, à l’instar de la franchise, offre une plus grande chance de réussite à ses adhérents. Comme le rappelle Olivier Dauvers, en intégrant un groupement, l’entrepreneur bénéficie d’une force de négociation plus importante face aux fournisseurs, de la notoriété d’une marque installée et de fonctions supports assumées par la tête de réseau. Ce sont autant d’atouts que ne possèdent pas les commerçants isolés et qui constituent de redoutables leviers de réussite. « Quand on passe de l’indépendance à l’interdépendance, c’est qu’on a accepté de mutualiser ses faiblesses pour en faire une force. On le voit au sein de la FCA : ceux qui réussissent le mieux sont ceux qui ont poussé plus loin que les autres la notion d’interdépendance. » affirme le journaliste.

Si le commerce coopératif et associé s’implique dans la question de l’inclusion, force est de constater que le processus prend plus de temps que dans le commerce intégré. En effet, comme le fait justement remarquer Olivier Dauvers, les mesures inclusives sont plus rapidement mises en place et de façon beaucoup plus efficace lorsque le dirigeant d’une grande entreprise possède tous les pouvoirs pour faire adopter certaines règles. À l’inverse, dans le commerce coopératif et associé, la tête de réseau n’a que peu d’influence sur les politiques RH de ses adhérents. Elle peut donc inciter, inspirer et incarner ses valeurs, mais elle aura moins de leviers d’action que le directeur d’une enseigne intégrée. « Dans les faits, que ce soit sur la question de la couleur de peau, du handicap, du genre, les choses avancent plus vite quand il y a un seul chef qui décide et qui appuie sur le bouton. » martèle Olivier Dauvers.

Un constat partagé par Ingrid Crambes-Tisserand qui constate que, malgré d’énormes progrès, il n’y a pas encore assez de femmes à la tête de commerces associés. « On met déjà en place des programmes pour accompagner la féminisation des postes de direction et des postes d’associés. On va continuer à le faire et je sais que tout le monde est véritablement investi sur le sujet. » affirme-t-elle. « La différence, c’est la sincérité. On le fait parce qu’on y croit. C’est quelque chose qui me paraît primordial dans le commerce associé : on va peut-être mettre plus de temps que les autres, mais en revanche, on va le faire avec le cœur » ajoute Olivier Dauvers.

Pour conclure cet échange, François Asselin rappelle le rôle des chefs d’entreprise comme garants de grandes valeurs cardinales, essentielles à la réussite économique du pays. « Entreprendre, c’est savoir prendre des risques et il faut que l’environnement soit favorable à cette envie d’entreprendre. Aujourd’hui, le principe de précaution entraîne le principe d’inaction. Or, nous nous devons d’avancer. Le souhait que je partage avec vous tous, c’est de faire en sorte qu’on garde cette envie intacte de l’entreprise. C’est essentiel pour la santé de notre pays et pour l’espérance des jeunes. » termine le Président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises.

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